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Marie de Hennezel : Il y a un au-delà en lequel j'ai confiance

Photo du rédacteur: Zeteo
Zeteo
il y a 9 heures
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 57 minutes


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Marie de Hennezel a choisi, dans La mort sereine, son dernier ouvrage publié cette année, d’aborder un sujet tabou, un « angle mort » dans l’approche de la mort : celui de la question du consentement à mourir. Ce qui revient à aborder, pour les personnes en fin de vie comme pour toutes les autres, la question de notre rapport à la mort.

 

Cet épisode est diffusé au moment de la Toussaint, cette fête religieuse très liée, dans la pratique, au culte des défunts célébrés le lendemain par le calendrier chrétien.

 

Marie de Hennezel revient sur les enjeux et les dénis qui traversent notre société autour de la mort. La crise du Covid, les débats avant et après la loi sur le droit à l’aide à mourir, révèlent des points de fracture gravissimes. Avec cette loi, les principes de la liberté et de l’égalité face à la mort ne sont-ils pas en danger ? Une société qui en vient à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, ne court-elle pas elle-même un danger mortel ?

 

Pourtant, comme le dit Marie de Hennezel, ce rapport à la mort peut être inversé. La plupart de ceux qui sont confrontés à la mort sont, dit-elle, moins angoissés qu’avant. Les peurs d’un au-delà effrayant, nourries par des croyances religieuses et morales séculaires, ont beaucoup régressé.

 

De plus en plus, le rapport avec la mort suscite le désir d’aller à l’essentiel, et la prise de conscience de ce qui compte dans la vie, et de ce qui est à transmettre. L’accompagnement de ceux qui sont en fin de vie peut être amélioré. Comme celui des personnes qui les entourent, particulièrement les soignants. Pour permettre d’attendre et de vivre la mort avec sérénité.

 

Dans cette quête de sérénité, Marie de Hennezel confie qu’elle aime pratiquer l’Ikigaï, sagesse millénaire japonaise qui nous aide à trouver notre raison d’être, cela par le moyen de quatre questions :

- qu’aimez vous faire dans la vie ?

- en quoi êtes-vous doué ?

- pour quoi avez-vous été rémunéré, valorisé par la société ?

- qu’est-ce que vous apportez à la communauté humaine ?

 

Quand on trouve le même mot qui répond aux quatre questions, nous dit Marie de Hennezel, on a trouvé son mandat céleste… Et quand on coche déjà quelques cases, cela signifie qu’on est sur le bon chemin.


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Pour lire La mort sereine, le livre de Marie de Hennezel, cliquer ici.







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LUMIÈRE DE LA TOUSSAINT


Marie de Hennezel, cette femme qui approche de si près tant de sujets difficiles dans nos vies - la solitude, le grand âge, les soins palliatifs et la mort – est habitée par une profonde sérénité.

 

Même aux instants les plus douloureux, ceux qui semblent les plus désespérés ou les plus effrayants pour tant d’entre nous, Marie de Hennezel fait partie de ces Éclaireurs et Éclaireuses qui portent la lumière là où nous en avons le plus besoin.

 

J’échangeais tout à l’heure au téléphone avec une Pasteure protestante. Je lui demandais si elle allait fêter la Toussaint. J’ai aimé la réponse où je l’ai entendue sourire : « Nous sommes tous saints, nous méritons tous d’être célébrés et choyés, en particulier nos défunts ». Quant aux saints, ajoutait-elle, « puisqu’ils sont saints, ils ont sans doute moins besoin de nous puisqu’ils ont tous eu le droit de rejoindre le Père… »

 

Alors oui. Alors que la météo nous promet un soleil radieux, nous allons célébrer la Toussaint en pleine lumière. Et j’espère que nous serons nombreux à vivre cette journée entourés de ceux qui nous sont chers, et proches de ceux qui sont déjà partis. Ils nous attendent, ils ont souvent besoin de nos prières et de nos attentions, comme d’aller les visiter là où ils reposent.

 

J’ai la chance d’habiter non loin du cimetière où ont été enterrés mes parents. Comme ils sont tout près de Saint-Malo, où je vais très souvent, j’ai l’impression de vivre la Toussaint une bonne quinzaine de fois par an. Tous les prétextes sont bons pour aller les voir… La plupart du temps, mes passages sont rapides. Après tout, je sais bien qu’ils habitent aujourd’hui ailleurs que dans la tombe, dans un monde invisible où je peux les rejoindre à tout instant.

 

Mais en même temps, je tiens beaucoup à ce petit rituel du cimetière. Il me permet de leur consacrer du temps rien que pour eux. De leur rappeler à quel point je les aime. Et de leur demander, à chaque fois, de veiller sur tous leurs descendants, à commencer par mes frères et ma sœur, jusqu’à chacun de leurs petits-enfants, y compris les miens.  Après tout, me dis-je, s’il est parfois difficile de maintenir des relations saines dans une fratrie, au moins peuvent-ils essayer d’agir efficacement là où ils sont, en portant à chacun un amour singulier, dénué de préférences, purifié des faiblesses et des limites qu’ils avaient de leur vivant.

 

Avec mon père et ma mère, partis il y a déjà de longues années, j’ai la chance d’entretenir une relation apaisée, aimante et même tendre. Je sais que cela n’est pas le cas de tout le monde. J’échangeais encore cette semaine avec une auditrice qui me partageait la douleur des conséquences dans toute sa famille des abus qu’elle y a subis.

 

Le mystère du mal reste entier… Et pourtant, comme Marie de Hennezel, j’ai confiance qu’il y a un au-delà bienveillant et même merveilleux. Je sais que cette auditrice partage cette foi dans l’invisible, et que c’est ce qui lui permet de lutter contre sa souffrance. Je crois même qu’il n’existe aucun cœur, ou aucun esprit, qui ne sache intérieurement que la lumière existe. Parfois bien cachée au plus profond. Et parfois jaillissante, joyeuse et limpide comme un torrent de montagne.

 

J’ai vécu près de vingt ans en Pologne. L’un des plus beaux souvenirs que j’ai gardés de ce pays, ce sont les cimetières illuminés par des milliers de bougies qui embrasent les nuits. Allumées lors de la Toussaint, elles ne s’éteignent qu’au bout de quelques jours. C’est un symbole magnifique qui rappelle qu’il n’y a pas de nuit, même la plus épaisse d’hiver, qui ne soit suivie par le jour.

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